Jean-Marc est spécialiste du vin bio depuis plus de 25 ans. Observateur passionné, amusé et parfois agaçé du monde du vin, il donne de nombreuses conférences sur le Vin Bio.
En bouche, souple et rond sur des épices douces, un fruité cerise agréable, évolue sur des tanins encore présents, avec ampleur, de belle persistance.
Du bel ouvrage pour ce vin équilibré, bien dans son millésime, prêt à boire (ouverture préalable : 2 heures).
Jean-Marc Carité
Le retour des "vins de table"
Même si tout vin, au final, est destiné à se retrouver sur une table... la qualification en elle-même, connotée péjorative, n'est pas la plus valorisante !
Là encore, méfions-nous des idées reçues.
Un vin refusé à l'agrément de son appellation peut être, sous certaines conditions (non chaptalisation par exemple), commercialisé en "vin de table".
Les refus d'agrément portent parfois sur un a-priori des dégustateurs face à des vins qu'ils ne comprennent pas car ils n'ont jamais appris à les goûter. C'est le cas de nombre de vins bio qui, recalés dans leur appellation, sont contraints d'être vendus en "vin de table".
Alors même qu'ils représentent souvent l'authenticité de leur terroir :
sans trucage,
sans banalisation
ni standardisation.
Ces refus d'agrément sont devenus parfois si caricaturaux que de plus en plus de vignerons décident de sortir de leurs appellations (notamment en Gaillac) pour exprimer leur talent et leur originalité sans crainte du jugement d'un comité plus ou moins compétent.
Donc, lorsque vous lisez "Vin de table de France" sur une étiquette, prenez soin de lire la contre-étiquette où le producteur explique souvent sa démarche.
Jean-Marc Carité
Précisions sur la biodynamie
Dialogue entendu sur un salon bio entre deux vignerons :
- Vous pratiquez la biodynamie ?
- Oui, mais la mienne... je ne m'emm... pas avec les cahiers des charges !
- C'est comme moi !
Gros problème pour les biodynamistes : tellement soucieux dans les années 70/80 de se distinguer du vulgum bio (qui parvient, lui, pourtant à protéger l'appellation), les disciples de Rudolf Steiner ne se soucièrent pas de déposer le mot "biodynamie" qui, du coup, est aujourd'hui dans le domaine public !
Ainsi n'importe qui peut se dire biodynamiste, s'en réclamer et revendiquer ses pratiques, sans avoir rien à prouver, ni même être en AB... Méfiance donc face à ce mot galvaudé.
Seules les marques "Demeter" et "Biodyvin" exigent de leurs adhérents qu'ils soient au préalable en AB.
C'est bon à savoir !
Jean-Marc Carité
Pesticides dans le vin et le raisin : les lobbies agro-chimiques contre-attaquent…
Le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) est assigné devant le Tribunal de Grande Instance de Paris par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table, suite à la publication d’analyses de pesticides dans les raisins de table réalisées en novembre 2008.
Cette enquête a été menée par cinq ONG, dont le MDRGF pour la France, dans cinq pays européens (Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et Allemagne) dans des magasins appartenant à 16 enseignes différentes. 124 échantillons de raisins issus de l’agriculture intensive ont été analysés, par un laboratoire allemand spécialisé, afin de rechercher d’éventuels résidus de pesticides. Les résultats sont sur le site du MDRGF http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html
La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table a assigné le MDRGF en février dernier devant le TGI de Paris contre la diffusion de cette enquête, jugée tendancieuse et entraînant une mévente du raisin de table, notamment. Elle demande la somme de 500 000 euros, la publication du jugement dans 10 médias nationaux, et la suppression du dossier sur le site Internet du MDRGF.
La plainte a été jugée recevable et le MDRGF est assigné le 6 janvier 2010 devant le TGI de Paris.
A lieu de faire le ménage dans les rangs de ses nombreux pollueurs ce syndicat tente ainsi d’étouffer la diffusion d’informations vitales pour la santé des consommateurs…
Mais, que cet écran de fumée ne nous aveugle pas…
Au mois de mai 2008 le MDRGF avait déjà publié une étude tout aussi sérieuse démontrant la présence de pesticides et d’autres insecticides (par exemple à base d’arsenic pourtant interdit à la vente depuis dix ans en France) dans des vins de réputation internationale.
L’appellation Saint Emilion n’en sortait pas vraiment grandie…
Les contre-feux allumés par les milieux plus ou moins mafieux du vin français ont vite tourné court. Là aussi, au lieu de faire le ménage
dans ses pratiques condamnables, voire illicites, le monde viticole préférait tenter d’étouffer l’affaire…
Ces grands noms du vin n’ont pas osé pousser le ridicule jusqu’au procès… En pleine période de restriction anti-alcoolémie ils n’étaient pas sûr d’avoir les médias pour eux. C’est donc le brave Syndicat des producteurs de raisin de table qui a dû se dévouer : pensez-donc du raisin de table, un fruit, un dessert… on veut leur mort de ces gentils paysans ? A la lecture du dossier on a plutôt l’impression que les rôles sont inversés !
Les demandes de ce Syndicat sont très éloignées d’éventuels torts causés par les informations du dossier… elles n’ont pour but, on l’a compris, que d’essayer de casser le MDRGF qui devient trop dangereux pour le loby de l’agriculture chimique.
La Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table a été déboutée de ses demandes le 10 février… Bonne nouvelle!
Qui a dit que le vin bio devait être sans SO2 ajouté ?
Quelques intégristes consuméristes anglo-saxons buveurs d’eau (et assez ignares en matière de vinification), sans doute, mais vite rejoints par les thuriféraires des lobbies agro-chimiques (trop compétents en matière de vinification) bien contents de trouver là l’argument qu’ils
pensaient imparable pour empêcher la reconnaissance officielle d’un vin bio… au détriment de leur vin chimique…
Le SO2 c’est quoi ?
Un antiseptique et un antioxydant utilisé de longue date et depuis longtemps admis dans les chartes (privées) de vinification bio (FNIVAB, Demeter, Biodyvin…). Revenons à Max Léglise, pour plus de sérénité dans le débat…
Donc, soyons tranquilles… le vin bio existe déjà, et demain plus encore…
Les combats d’arrière-garde menés par des groupes obsolètes n’empêcheront rien. Il est simplement dommage que leur énergie ne soit pas mise au service de la santé des consommateurs et des producteurs…
Mais, puisque le vin chimique est si propre que ça, pourquoi ne demande-t-il pas à se soumettre au cahier des charges bio ? Ce serait
la meilleure démonstration à apporter aux consommateurs et à tous ceux qui se battent depuis plusieurs générations pour une agriculture qui respecte l’être humain, son avenir et celle de la planète.
Cette agriculture a un nom : biologique.
L’arbre ne doit pas cacher la forêt : à l’abri du SO2 diabolisé les lobbies de l’agriculture chimique pensent ainsi masquer leur arsenal
chimique de destruction massive… C’est compter sans le travail du MDRGF qu’il faut soutenir, rappelons-le ! /www.mdrgf.org/
Jean-Marc Carité.
Et pourquoi pas des vins surnaturels, tant qu’on y est ?
La manie, bien de chez nous, de sécessionner à qui mieux mieux dès que deux avis divergent ou dès qu’on veut créer sa chapelle ou sa boutique, se traduit aussi en matière de vins…
Nous subissons, avec plus ou moins d’agacement, depuis plus de vingt ans ce réflexe qui conduit à dénigrer le vin bio et à, bien sûr, toujours, avoir tellement mieux à proposer…
On a connu les vins biodynamiques non certifiés, sinon cosmiques à défaut d’être comiques…
Les vins authentiques, souvent toc.
Les vins vivants… assez mortels
Les vins vrais… assez faux-culs…
Dernier avatar du genre, voici maintenant les vins “naturels”…
On l’a compris ces labels auto-décernés, le plus souvent par l’entremise du gourou de service, n’ont pour premier but que de soustraire leurs producteurs aux contrôles minimum qui garantissent au consommateur qu’un vin propre c’est d’abord un vin issu de l’agriculture biologique… AB, et aux vignerons qu’ils agissent dans un cadre lisible par tous (celui des AOC étant devenus hiéroglyphique)…
N’en déplaise à ces producteurs, au final peu scrupuleux, et à leurs gourous, le vin bio existe bel et bien.
Et existera encore mieux d’ici peu avec la réglementation européenne pour la vinification.
Hé oui, le vin bio, ça commence par AB… tout le reste relève de la fumisterie, au mieux, de l’abus de confiance au pire.
Et, rappelons au passage à ceux qui l’ignorent, que le seul vin naturel… c’est le vinaigre.